Le Cahier TH
INNOVATIONS DIAGNOSTIQUES ET THÉRAPEUTIQUES
N°621 Novembre - Décembre 2024
Thérapie cellulaire – Un espoir pour les maladies de la cornée
L’utilisation thérapeutique de cellules souches cornéenne représente une opportunité de traitement pour les patients qui ne peuvent avoir accès à la greffe ou pour lesquels la greffe reste une solution thérapeutique imparfaite. Le point sur les pathologies concernées, les avancées et les perspectives.
16/12/24
Les maladies de la cornée sont une des principales causes de cécité dans le monde avec la cataracte non opérée, la dégénérescence maculaire liée à l’âge et le glaucome. Beaucoup de ces maladies peuvent être traitées par une greffe de cornée. Néanmoins, si dans les pays industrialisés le nombre de donneurs de cornées disponibles est suffisant pour greffer tous les patients en attente de greffe, dans les autres pays la situation est beaucoup moins favorable et la plupart des receveurs en attente de greffe n’auront jamais accès au traitement. De plus, les maladies qui touchent la couche superficielle de la cornée sont difficilement traitables par la greffe de cornée. La thérapie cellulaire offre un espoir de traitement pour les patients qui ne peuvent avoir accès à la greffe ou pour lesquels la greffe reste une solution thérapeutique imparfaite.
La phase de culture et d’expansion des cellules souches au laboratoire permet de traiter de nombreux patients à partir d’un seul donneur. Outre l’augmentation de l’accès aux soins pour la population mondiale, la thérapie cellulaire offre des perspectives intéressantes pour les patients car elle constitue un traitement beaucoup moins invasif que la chirurgie traditionnelle. En effet, injecter des cellules dans l’épaisseur de la cornée ou en arrière de celle-ci ou déposer une couche de cellules cultivées à la surface de la cornée est un traitement beaucoup plus léger que remplacer la cornée elle-même. La cornée est composée de trois couches cellulaires qui peuvent chacune faire l’objet potentiellement d’une thérapie cellulaire. De l’extérieur vers l’intérieur de l’oeil, on trouve la couche des cellules épithéliales, le stroma composé de kératocytes et la couche des cellules endothéliales. Un déficit en cellules souches limbiques peut entraîner une atteinte de l’épithélium cornéen.
Des pathologies infectieuses, génétiques, inflammatoires ou traumatiques touchant le stroma cornéen peuvent entraîner une perte de la transparence cornéenne. Des pathologies dégénératives, génétiques, infectieuses ou traumatiques intéressant l’endothélium peuvent donner un oedème cornéen. Dans ces trois situations, l’utilisation thérapeutique de cellules souches limbiques, de cellules souches stromales ou de cellules endothéliales cultivées peut permettre une restauration d’une surface cornéenne normale, une récupération de la transparence cornéenne ou une disparition de l’oedème cornéen. L’insuffisance en cellules souches limbiques a été la première pathologie traitée par thérapie cellulaire avec des résultats cliniques probants. Dans les oedèmes cornéens, la thérapie cellulaire endothéliale est au début du développement clinique. Pour les pathologies stromales, la thérapie cellulaire est à un stade de développement préclinique.
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