Le Cahier TH

TRANSITION ÉCOLOGIQUE EN SANTÉ

N°619 Juillet - Août 2024

L’éco-prescription – Exemple de la prescription de paracétamol en réanimation

Les soins de santé représentent 8 % des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES) selon le rapport du Shift Project 1. Au sein des hôpitaux, les unités de soins intensifs sont les plus émettrices 2. Le paracétamol est un analgésique fréquemment utilisé et il a été démontré que la réduction de son utilisation par voie intraveineuse (IV) et son utilisation par voie orale en soins péri-opératoires permettaient de réduire les coûts et les émissions de carbone 3. L’objectif du travail présenté ici était de diminuer l’impact écologique de l’utilisation du paracétamol en incitant à la prescription orale dès que cela était possible dans un service de réanimation.

Dr Chloé Gisbert-Mora Praticienne hospitalière
Pr Hadrien Roze PU-PH
Service de réanimation polyvalente, centre hospitalier de la Côte Basque

Projet lauréat du prix « Éco-conception des soins » de la transition écologique, en santé, porté par la FHF et remis le 22 mai 2024 à SantExpo.


14/08/24

Devant les défis environnementaux et sociétaux auxquels font face les sociétés actuelles, les établissements de santé doivent prendre leur part et agir en faveur d’une transition écologique et écoresponsable. Les établissements du GHT Navarre Côte Basque, dont le centre hospitalier de Bayonne est l’établissement support, en intégrant la volonté de « s’affirmer comme des établissements socialement, écologiquement et économiquement responsables » comme un axe prioritaire de son nouveau projet d’établissement souhaitent à présent en faire une ambition globale, en visant l’exemplarité, en tant qu’acteur majeur au sein du territoire.

Privilégier la voie orale

L’étude a été menée dans une unité de réanimation polyvalente de 22 lits. L’équipe EcoRéa, créée par un médecin réanimateur en 2019, composée d’infirmières et d’aides-soignants, avec l’aide de la logistique, du service de lutte contre les infections nosocomiales (SLIN) et de la pharmacie, s’est intéressée aux modalités d’administration du paracétamol. Une étude de pratique réalisée dans le service a identifié que dans 35 à 58 % des cas, la prescription par voie intraveineuse (IV) n’était pas justifiée et que la voie orale aurait pu être utilisée. Les équipes soignantes ont été sensibilisées à la nécessité de privilégier la voie orale du paracétamol dès que la voie digestive était fonctionnelle, du fait des moindre complications médicales (hypotension, réaction anaphylactique, infections…), de la moindre émission de GES ainsi que de consommation en eau 4.

Chez le patient de réanimation, la voie orale est le plus souvent la voie par sonde gastrique. La dotation de paracétamol oral a donc été adaptée à cette situation (sachet pour une dilution plus aisée, orodispersible pour les patients présentant des difficultés de déglutition, etc.). Le mois de janvier a été la période de transition entre une période contrôle qui était l’année 2023 et le début de l’année 2024. Les consommations des formes orales versus IV ont été analysées chaque mois suivant entre les deux périodes du 1er janvier 2023 au 1er janvier 2024 et du 1er février au 1er juin 2024. L’unité de comparaison était une dose unique de 1 g de paracétamol, administrée à un patient par voie IV ou voie orale dans notre unité de réanimation.


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